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Janvier 2017

Le désherbage : un mot magique

Combien d'adhérents n'ont-ils pas déjà lancé cette remarque aux responsables de bibliothèques après un désherbage : « Ha ! Vous avez fait l'acquisition de nouveaux ouvrages. Le choix est bien plus important». Désherber sa bibliothèque permet en effet de lui donner une nouvelle jeunesse. « Les lecteurs ont l'impression de découvrir des nouveautés. Il  n'y a plus cette sensation d'étouffement que peut ressentir un lecteur en entrant dans une bibliothèque » souligne Colette Sekerger, bibliothécaire à la Médiathèque départementale de l'Isère, qui forme et assiste chaque année de nombreuses bibliothèques. Cette opération, simple en apparence, qui consiste à supprimer des rayonnages des livres qui ne peuvent plus être proposés au public a donc bien des vertus.

Le désherbage : pas toujours facile
Pourtant de nombreuses bibliothèques ne désherbent toujours pas ou pas assez. Au détriment de la satisfaction du lecteur. « C'est un comportement typique à notre pays contrairement à ce que font les pays anglo-saxons. Nous avons une culture très patrimoniale. De nombreux bibliothécaires sont très attachés à leur fonds. Ils ne peuvent se résoudre à « jeter » des livres. Il faut pourtant savoir prendre du recul car le désherbage donne de la fraîcheur et de la qualité à un fonds. il permet aussi aux bibliothécaires d'approfondir la connaissance de leurs collections.»

Et puis c'est aussi une évidence. Les livres, leur présentation, leur contenu, vieillissent vite. Cela est particulièrement vrai pour les documentaires. Un peu moins pour les romans, mais le public est avant tout demandeur de nouveautés et d'actualités.
Désherber a donc de multiples attraits. Outre un meilleur accès aux documents pour l'usager qui trouve plus facilement ce qu'il cherche, c'est aussi un gain de temps pour le personnel. Il est plus facile pour lui de ranger un livre qui ne soit pas coincé sur une étagère. Et il peut mieux mettre en valeur les collections, les nouveautés et les coups de cœur dans les rayonnages.

Un désherbage ne se fait pas à la hussarde
Un désherbage efficace ne se mène pas en fonction de ses goûts personnels, ni de ses sentiments. Il est important de se fixer des règles. Dans la formation qu'elle propose aux bibliothèques, la Médiathèque départementale préconise de définir et de formaliser une politique de désherbage propre à chaque bibliothèque.

« Il faut  la mettre par écrit, sous la forme d'un document de référence qui puisse être consulté par l'ensemble du personnel de la bibliothèque. On s'y référera chaque fois que l'on procèdera à un désherbage ».
Ce document de référence précisera notamment sa fréquence et les critères du désherbage. Ces critères sont fonction du type de bibliothèque, de son lectorat, de l'importance du fonds, de sa localisation.

Dans ses formations, la Médiathèque départementale en propose une vingtaine, chaque bibliothèque listant ses propres critères. Outre l'état matériel, la présentation physique du livre, ce peut être l'âge du livre, le nombre d'années écoulées sans prêts, le nombre d'exemplaires, l'existence de documents de substitution....

Un travail d'équipe
Il est important aussi de ne pas désherber seul, dans la mesure du possible. Désherber à plusieurs permet d'échanger, de partager une vision commune. Et de ne pas déséquilibrer les différentes collections, notamment dans les bibliothèques importantes où les achats sont effectuées par des agents différents, chacun responsable d'une ou de plusieurs catégories.

Enfin, il est nécessaire  de définir la temporalité du désherbage, une fois par an par exemple, ce qui est un minimum. On peut aussi, souligne Colette Sekerger, désherber au fil de l'eau, régulièrement lors de chaque rentrée de nouveaux ouvrages ou au moment du rangement. N'oublions pas que le rôle du bibliothécaire n'est pas d'entasser des livres sur des étagères mais de tout faire pour qu'ils sortent le plus souvent possible de la bibliothèque.

Pour plus d'infos : colette.sekerger-minet@isere.fr